Avion
(La sculpture pour voyager) incarne le concept de souvenir. C’est
un travail dont l’origine et l’image fondatrice remonte en fait à
un voyage en train. Lors de ce voyage, j’ai aperçu au hasard
du trajet un petit avion qui paraissait très lointain et
semblait suivre le même chemin que moi ; comme je le
contemplais inconsciemment, cet avion m’a donné le départ
d’une réflexion sur la reconnaissance de la forme et la
mémoire, qui s’est concrétisée plus tard dans
ce travail dont le thème est le voyage.
La
taille de cet avion, si minuscule dans le ciel, m’a ramené
tout droit à l’enfance et à l’émerveillement
que je ressentais alors face à ces objets volants, à
leur légèreté, à leur apparente liberté.
Comme à cet émerveillement répondait le désir
de savoir où ils se rendaient, j’imaginais volontiers en ce
temps-là que leur destination devait aboutir à quelque
merveille imaginaire. Le rappel de cette sensation enfantine a donné
sa tonalité à ce travail et m’a conduit à
rappeler l’objet sous une forme pouvant rappeler un jouet pour
enfants.
De
fait, j’ai fabriqué tout d’abord une forme d’avion en
résine, en laissant un de ses côtés plat, pour
qu’il puisse se superposer à une quelconque surface, que ce
soient une fenêtre, la télévision, une vitre de
voiture… Cet avion (une moitié d’avion en fait) est
présenté dans un sachet, assorti d’un mode d’emploi
et d’un petit morceau de pâte à fixer. Sur le mode
d’emploi est écrit :
- Se
fixe sur une surface plane (fenêtre, télévision,
vitre de voiture...).
- Vous
voilà parti pour le voyage.
Quelque
exemplaires du avion dans le capsules pour que le spectateur puisse
en prendre un, le ramener chez soi ou ailleurs. Dans le temps de
cette installation se joue donc une invitation au voyage, mais aussi
une inversion possible des rôles du spectateur et de l’artiste.
En effet, à partir du moment où les avions vont partir
avec le spectateur, ils sont dès lors sujets de ses choix et
de ses lieux de déplacement. Le spectateur est en charge de
définir la destination de ce voyage. La création de
l’artiste et son inscription dans l’espace n’est plus
dépendante de lui.
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2005
- Exposition collective Régional
6, Fabrik culture, à Hégenheim
Exposition
collective Artistes d'ici et d'ailleurs 2,
Galerie NS, à Strasbourg
Exposition
collective Artistes d'ici et d'ailleurs 1,
Galerie NS, à Strasbourg
2004
- Exposition collective Séoul-Paris-Strasbourg,
Centre Culturel Coréen à Paris
2003
- Exposition collective Artistes' survivre kits, à
London, Angleterre
Exposition
collective Talente 2003, Munch, Allemagne
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Projecting
perceptions, assembling heterogeneous elements often come from the
dream and memory, on the surface of the immediate reality, which
imposes to us without possible recourse his presence, I work starting
from zone of a significant and poetic condensation, intermediary
between the real things and the matter of the dream, zone which I
called the imaginary moment. I considered differently with the
existence by interesting me in the feelings lost in an intermediate
zone enters the memory and the lapse of memory. Consequently, my
artistic glance changed him also, and attempted to materialize the
absence, to make visible what was up to that point invisible, that it
acts of traces of childhood, of the matter of the dream or the daily
newspaper.
I
propose to the spectators of these experiments a kind of
microphone-performance: to let itself guide in this open and
interactive work which allowed me, with me also, to exceed my usual
field of vision. I think that art, as the dream, is not consumed, and
that it is necessary to give a time to the glance to seize the range
of the images which surround us or are in us: above all, art is done
where one lives.
Projetant
des perceptions, assemblant des éléments hétérogènes
souvent venus du rêve et du souvenir, à la surface de la
réalité immédiate, qui nous impose sans recours
possible sa présence, je travaille à partir d’une
zone de condensation sensible et poétique, intermédiaire
entre les choses réelles et la matière du rêve,
zone que j’ai appelé l’instant imaginaire.
Je réfléchi
autrement à l’existence en m’intéressant aux
sensations perdues dans une zone intermédiaire entre le
souvenir et l’oubli. Dès lors, mon regard artistique s’est
transformé, lui aussi, et s’est attaché à
matérialiser l’absence, à rendre visible ce qui était
jusque-là invisible, qu’il s’agisse de traces de
l’enfance, de la matière du rêve ou du quotidien.
Je
propose aux spectateurs de ces expériences une sorte de
micro-performance : se laisser guider dans cette œuvre ouverte
et interactive qui m’a permis, à moi aussi, de dépasser
mon champ de vision habituel. Je pense que l’art, comme le rêve,
ne se consomme pas, et qu’il faut donner un temps au regard pour
saisir la portée des images qui nous entourent ou sont en
nous : avant tout, l’art se fait là où on
habite.